
Paris, La Maroquinerie | 24 juin 2010
New Street Adventure, Wankin'Noodles, C'mon & Kypski
Le Pitch : L'affiche de cette soirée Want Some?, deuxième du nom à peine, confirmait le sentiment ressenti lors du lancement du concept le mois dernier : certes, il s'agissait de faire découvrir avant tout le monde de jeunes talents émergents de la scène rock, mais on est loin du tremplin rock à papa, tant le niveau et la qualité des artistes proposés sont élevés. Et si le casting du soir comportait forcément son lot d'inconnus, la marque Want Some? est en train d'imposer sa griffe, mêlant découverte, éclectisme, et qualité.
Les premiers à ouvrir le bal sont New Street Adventure, trio de Birmingham tellement à la coule qu’il en avait oublié sa batterie, et a joué avec celle prêté par les Wankin Noodles, le groupe d’après. Les Anglais semblent effectivement dans leur monde parallèle : niveau look, c’est chemise à carreaux et mocassins à glands pour tout le monde, et niveau musique, c’est un revival The Jam du meilleur effet. Mod mais moderne, leur pop ligne claire ne manquait pas de relief, et si sans surprise, le groupe est suivi de près par la marque Ben Sherman, c’est avant tout parce que l’héritage de Paul Weller, mixé à celui des Arctic Monkeys, provoque irrésistiblement des envies de chanter en chœur avec eux.
Les Rennais de Wankin’ Noodles ont ensuite pris le relais, et dès le départ, on a compris qu’ils n’étaient pas seulement venus pour prêter leur batterie. Démarrant pied au plancher sans échauffement avec leur tube “Wankers Off the Social Club”, le quatuor a une nouvelle fois affiché son aisance sur scène, entre un batteur inventif, un guitariste qui a appris la science du riff chez The Hives, et un grand Duduche de chanteur aux déhanchements étranges, qui sait assurer le spectacle, descendant dans la foule, ou osant le chant en français sans être ridicule. Autant dire que la décharge électrique qu’ils ont lâchée dans la Maroquinerie était de taille XXL, avec leurs hymnes pour les stades, parfaits pour faire danser les filles et renverser la bière des garçons. Quelques directeurs artistiques de maisons de disques cachés au fonds de la salle semblent indiquer que l’on va bientôt entendre reparler d’eux…
Last but not least, les Hollandais de C'Mon & Kypski, avaient le toupet d’être la tête d’affiche alors que personne n’en avait entendu parler. En France en tout cas, le groupe possédant déjà une discographie digne de ce nom au pays de la Mimolette. Pourtant, en deux morceaux, on a vite compris qu’ils n’avaient pas voler leur place : ovni de la soirée, le quatuor a tout pour plaire. Sur scène, deux chanteurs (l’un derrière des claviers et un Moog, l’autre avec ses machines) se partagent le micro, le line up étant complété par un batteur et un guitariste mutant, son instrument à deux manches faisant à la fois office de basse et de guitare. Mutant leur style, aussi. Une électro vivante, au groove contagieux et aux effluves soul, dynamitée par les scratches du batteur, qui transposée sur scène, a embarqué le public dans un grand moment de pop bon esprit et vitaminée.
Allez, quelques semaines de vacances pour se remettre, et on remet le couvert dès le 23 septembre. Be there!
GL